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My Japanese name is Norie Hyobanshi.


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Quel Plaisir, Plaisir..d'Être sur Terre, sur Terre !

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STARDUST

 

Après qu’il soit parti, j’ai nettoyé les dégâts, j’ai pris une douche et j’ai fait quelques courses. Très organisé j’avais bien sûr dans mon congélateur de quoi me nourrir et dans mon placard des réserves secs, comme des pâtes, du riz, farine et j’en passe mais j’avais envie de‘ frais’. Munis de fruits, légumes, oeufs et fromage ainsi qu’un pack d’eau minérale j’étais peu avant midi de retour. Entrain de ranger mes précieuses denrées on a sonné à ma porte. Je n’attendais personne. J’ai ouvert et un fleuriste m’a tendu un magnifique bouquet de roses. Roses à grandes fleurs. Superbes. J’ai pris la carte qui y était accrochée. ‘Je vous demande pardon. Sam’.

Moment difficile.

Au lieu de les renvoyer comme je l’avais déjà fait dans le passé à certains hommes j’ai décidé de les garder. 1) c’était mon Boss. 2) je le savais sincère. 3) elles étaient vraiment magnifiques et ne pas rouges.

Ensuite, une fois casées les fleurs dans un pichet d’eau de fortune j’ai déjeunée, j’ai débranché mon téléphone et je me suis mis au lit.

Je me suis réveillé le lendemain vers midi. En buvant mon café je n’étais nullement inquiète. Personne ne vous envoie des roses avant de vous licencier.

Mais je me suis posé la question primordiale, celle qui tue.

 

Est-ce que ça valait vraiment le coup de vouloir attraper les étoiles ? Pouvait-on attraper les étoiles ? Tu crois l’avoir, elle est à ta porté de ta main, tu la saisis et quand tu ouvres ta main il n’y a qu’un peu de poussière, brillante certes, mais ne pas l’étoile. Stardust.

J’avais envie de donner ma démission.

 

Ma vie personnelle allait mal, mon mariage battait de l’aile. Un break est très bien, il permet de prendre du recul sans pour autant tout casser. A chacun sa liberté, pas de questions.

J’avais examiné tout mon courrier. Pas grande chose d’intéressante sauf une lettre de mon mari. 20 pages. Pour quelqu’un de si retenue, c’était énorme. Je ne savais pas quoi en penser. En même temps il m’annonçait un baptême dans la famille ou nous devions nous rendre tous deux. Ouf, la date était proche, encore réalisable, car nos deux familles n’en savaient rien de nos conventions internes.

J’ai pris ma douche en me disant que ça allait m’éclairer les idées quand j’ai entendu sonner à la porte.

Encore ! Ai-je pensé. Sans réagir.

Mais la sonnerie était insistante et j’ai du m’y résoudre d’y répondre. J’ai enfilé mon peignoir. Ouverte la porte. Dégoulinante et de très mauvaise humeur.

Samuel.

Sam avec une bouteille de champagne, en plus celui que je préfère, dans un seau remplis de glaçons à la main et une barquette de fraises dans l’autre.

Entrez. J’ai dit.

Pardon, je pensais qu’à 17h de l’après-midi…A t-il avancé.

Que j’étais habillé ? Ai-je continue sa phrase. Bah non comme vous pouvez constater.

Attendez-moi, j’arrive. Faites comme chez vous, hein ! Ca s’appelle du harcèlement vis a vis d’une subordonnée ! J’ai crié en partant à toute vitesse m’habiller.

Il a rit.

Ah non ! Il a dit d’une voix forte pour que je puisse l’entendre. Ca rentre dans le cadre ‘Comment reconquérir son meilleure ‘élément’ après avoir merdé !!!’

Revenue de ma salle de bains peu après, habillés quoique les cheveux mouillés, je me suis trouvé en face de lui. Il avait déjà trouvé deux coupes à champagne, deux petits verres à moutarde de récupération, les avait remplis et en me tenant une m’a dit tschin, tschin. Une fraise Madame ???

Comment résister ? J’ai oublié ma démission.

Comme moi il connaissait toutes les façons pour manipuler, mais tout au long de nos déplacements j’ai vu sa sincérité. Après chaque départ d’une boutique nous tombâmes d’accord. Tellement complémentaires. Au début j’ai même cru qu’il faisait cela pour me tester. Mais que nenni. Il savait comme moi que manipuler ne paie pas à la long. Faut rester propre dans le business. Sinon, tôt ou tard ça vous revient comme un boomerang en pleine figure.

Nous avons eu faim vers 20h et j’ai préparé un délicieux repas. Vous savez quand on voyage comme ça, de port en port, on est bien heureux de rester à la maison. Depuis toujours j’ai dans mon frigo une bouteille de champagne et une de mon vin blanc préféré, Pouilly fussé ainsi un bon Bordeaux voir un Côte du Rhône dans mes réserves. C’est pour le cas ou. Ou nous avons envie de se détendre, faire la fête sans raison. Ou simplement déguster un petit verre après une dure journée.

Pendant que je préparais deux ramequins d’après une recette de belle-maman à l’ancienne Sam m’aidait en triant la salade. Pour une fois c’était moi qui donnais les ordres et en buvant avec moi un verre de Pouilly nous rirons beaucoup. Il avait sa recette salade et moi j’ai laissé faire. Pendant que le dos de cabillaud semé d’aneth cuisait au four, mes ramequins étant prêts il a mis la table.

 

( La recette : Mettre dans des ramequins un peu de beurre, rajouter du jambon cuit coupé en morceaux ou a défaut des moreaux de saucisson à mi-hauteur, parsemez du fromage râpé et mettez pardessus un œuf, poivré, salé. Mettez-le tout dans un bain-marie. Couvrez. Le tout vous prendra 10 minutes et quand l’œuf sera cuit c’est le moment de déguster.)

 

Il était ravi, nous avons mangé, finis la bouteille de Pouilly et partagé le dos de cabillaud. Mangés un peu de fromage.

Et nullement discuté entreprise. J’avais en face de moi un homme qui avait quitté sa veste, retroussé ses manches et parlait de lui. De ses femmes et surtout de ses enfants, sa fierté.

Ce n’était nullement l’alcool qui m’a fait sortir la lettre de mon mari.

Je voulais son avis.

Comme quand on demande un avis à un grand frère.

Autant plus qu’il était un homme à femmes.

Il l’a lu avait attention pendant que je rangeais, lavais les assiettes car je ne possédais pas un lave-vaisselle.

Cet homme vous aime. Eperdument. Il m’a dit. Certes il ne dévoile pas tout, c’est normal. Question de fierté. D’homme. Vous savez Bri quand nous aimons vraiment, nous devenons fragiles et nous prenons peur. En fait nous sommes des lâches.

Allez à ce baptême. Confrontez-vous. Vous fuiez l’évidence.

 

Un an plus tard.

 

J’avais instauré la ‘mutation’. Au moment de mon arrivé il y avait un telle turnover que cela donnait le vertige. Il avait 8 dossiers au prud’hommes.

J’avais instauré un barrage. Plus personne ne pouvait le joindre sans passer par moi. Certes au début, quand vous avez que 10 boutiques vous pouvez être en contact avec chaque personne. Pour connaître le chiffre d’affaires. Les soucis, transport etc. Mais après ?

Pour le reste la Clém c’était vachement trompé dans ses embauches mais aussi pour les contrats. A la fin de chaque visite nous avons fait signer un ‘avenant’ stipulant qu’une mutation était possible. Et celles qui ne signaient pas, je ne les obligeais pas. Seulement trois dans le ‘lot des chouchous’ de la Clém. Il y a d’autres moyens, je restais sereine.

Pour les nouveaux contrats chaque coordinatrice devait le soumettre assortie d’un délais de 6 mois d’essaye rénouvables avant de passer en Cdi pour les responsables. Mon histoire se passe dans les années 80. Oui. 2500€ bruts, une boutique et deux vendeuses à gérer en toute liberté, juste vendre, scorer, réassort fourni et primes. Faut pas déconner.

Alors j’étais impitoyable.

Si je voyais dans une de magasins une naze, je la mutais. De Brest à Nice ou vice versa. Juste comme exemple. Je promouvais la petite vendeuse qui avait des tripes en responsable. Même si elle n’avait que 18 ans. Que m’importait ses origines. Je larguais sans pitié aucune.

J’ai fait de même avec les coordinatrices. 3000€ sans rien foutre ? Tous les jours j’avais leurs rapports, les statistiques et autres remarques de toutes leurs boutiques sous leurs ordres. Elles devaient même s’occuper des vitrines, a les changer quand les vêtements exposés ne ‘marchaient’ pas, les remplacer par d’autres. Se justifier.

Le bons m’aimaient, les mauvaises me craignaient.

Personne ne savait où et quand j’allais débarquer. Au contraire de Clémentine je me déplaçais restant lié au siège, ayant les chiffres d’affaires via fax de toutes les boutiques tous les soirs. Par contre je voyageais ni maquillée, ni cheveux sauvages. Petites talons confortables. J’arrivais la veille, je me changeais et je débarquais dans la boutique avant l’ouverture habillée top. J’avais toutes les clés, en fait une seule dite de sécurité que Boss commandait à la même boîte depuis le début. Je connaissais toutes les heures d’ouverture par cœur. J’étais toujours là avant eux, le personnel.

J’avais déjà tout contrôlé, vu avant que la responsable n’arrive.

J’étais à l’écoute. Humaine.

Juste ce qu’il fallait et hop j’étais déjà dans un autre avion, train.

Au début les filles, comme je les appelais, ont essayé de m’avoir.

-Tiens, elle est dans ma boutique ! Elle va inspecter la tienne !

Mais non.

Quand je débarquais dans une ville ou nous avions plusieurs boutiques, je ne visitais qu’une, celle qui me posait soucie. Et je repartais dans une autre direction pour y revenir trois jours après, là, où elles ne m’attendaient pas.

Pendant tout ce temps là nous construisions notre nouveau siège.

Et puis j’ai instauré des séminaires régionaux bien moins fatigant.

Et puis j’embauchais.

N’est pas doué qui veut, même une coordinatrice.

J’assurais les nouvelles ouvertures. Au moins 1 par mois.

Je trouvais des emplacements plus propices pour les boutiques mal placées.

Je faisais démarrer l’Italie.

 

Un an après mon arrivée nous avons tenu LE grand séminaire.

Les filles étaient logés dans un palace quatre étoiles.

Le challenge un voyage aux States.

Nous avions 82 boutiques maintenant. En France.

10 en Italie, 30 au Portugal, 45 en Espagne…

En une année j’avais purgé l’entreprise.

J’avais scoré. + 25% que prévus.

Je gagnais beaucoup d’argent.

Avais-je pour autant atteinte les étoiles ?

Non.

 

Pimpferling était choqué. La réponse de Boss l’avait surpris.

Cette femme qui leur avait servi du café en souriant, assis là, était sa deuxième, alors qu’il croyait avoir mis à l’écart tout le personnel important du siège par la teutonne.

Il était venu en vainqueur. Ou en envahisseur, au choix.

-Bien. Et maintenant qu’est ce que vous me proposé ? A demandé Boss.

-Eh bien, si mes informations sont bonnes, à cette heure-ci, Kleidering est majoritaire de votre entreprise. Donc je vous propose votre démission.

Il disait cela en se passante sa langue sur sa lèvre inférieure de carpe.

Il avait aussi cette tique qu’ont certains hommes quand ils croisent leurs jambes.

Son pied droit se balançait.

-Je crois que vous êtes mal-informés. A répondu Samuel. Je détiens toujours la majorité. J’aimerais bien comprendre, j’aime comprendre voyez-vous, pourquoi vous avez essayé de me baiser. Textu. To fuck. Il avait était question que vous prenez une participation, le deal était honnête et à la place…

Alors le Herr Alois Pimpferling a dit à sa fouine d’aller se renseigner. Avec un dialecte à couper le souffle, celui de la Bavière. Boss m’a regardé, j’ai hoché la tête. Oui, j’avais compris. Du coup il a remarqué l’ordi posé devant moi l’air de rien. Regard d’interrogation.

Manuel ai-je soufflée. L’autre va se renseigner…

Boss se levé. Ecoutez Messieurs, ce n’est plus la peine de discuter. Je ne travail pas avec des gens malhonnêtes. Les actions manquantes sont détenues par des personnes qui ne vous les céderont jamais. Dès demain je ferais le nécessaire pour vous rembourser vos 40% investis sur la banque de votre convenance. A la valeur initiale de l’achat bien sûr. J’ai trouvé un autre partenaire et vous avez intérêt d’en convenir. Le cas échéant je ferais chuter la côte en bourse, juste assez pour affoler, dois-je être plus explicite ?

Comme quoi l’expérience de trader peut servir, je ne pensais pas qu’il bluffait.

D’ailleurs Herr Pimpferling non plus.

-Das ist unmöglich ! A t-il vociféré. (C’est impossible. Ndlr)

-Oh doch ! A répondu Boss. (Oh si. Ndlr)

-Sie sprechen ja Deutsch ! (Mais vous parlez l’allemand. Ndlr.)

-Natürlich. Besser als ihr französisch! (Bien sûr. Mieux que votre français. Ndlr)

Pendante cette joute oratoire la fouine téléphonait, les filles notaient je ne sais pas quoi et moi je réfléchissais. Ok, j’en avais des actions, mais qui était cette autre personne qui en avait et dont il était si sûre ? Qui était son chevalier blanc ?

Je tenais fermement le lab-top, car ça je savais, Manuel y était pour quelque chose. Et je savais aussi que l’on peut extraire des donnés d’un ordinateur de son disque dur. Merci Père.

-Alors Klaus ! A t-il interpellé la fouine.

Celui-ci secoua sa tête. Ne sachant plus dans quelle langue parler il a répondu dans son dialecte espérant peut être que personne ne le comprendrait. Pendant ce temps les grosses vaches notaient tout et l’idée m’est venue que derrière Herr Pimpferling se cachait une autre personne, dite le chevalier noir. Elles allaient faire leur rapport.

Boss m’a prié de traduire quand les deux avaient fini.

-En résumée ils n’ont effectivement pas les actions pour être majoritaires. Ils se sont insulté mutuellement, mais ça, on s’en fout. Ai-je dit dans ce parfait allemand que l’on ne parle que dans le Nord.

Et j’ai leur ai sourie. Je vois encore leur regard.

Très poliment nous les avons foutus à la porte.

Je n’ai pas dit : "Auf Wiedersehen."

J’ai dit: N’oubliez pas d’emmener la teutonne et libérez notre personnel !

Une fois seule j’ai regardé Boss.

-C’est qui l’autre actionnaire ? C’est qui votre chevalier blanc ?

Et Boss m’a répondu : C’est quoi cet ordinateur de Manuel que vous tenez si précieusement entre vos bras et prés de vos seins ? Hein ? Il vaut une fortune ou quoi ?!

J’ai eclaté de rire.

by herself SEPTEMBRE 2009 © 

Ecrit par brigetjones30, le Mercredi 23 Septembre 2009, 00:19 dans la rubrique "VÉCU ".
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