Joueb.com
Envie de créer un weblog ?
Soutenez le Secours populaire
ViaBloga
Le nec plus ultra pour créer un site web.
Débarrassez vous de cette publicité : participez ! :O)

UN MONDE DE CONTES






Blogueurs NON influents
Recommandé par des Influenceurs

My Japanese name is Norie Hyobanshi.


DISCUSSIONS ACTIVES

MES MONDES

AILLEURS SUR LES JOUEBS

Quel Plaisir, Plaisir..d'Être sur Terre, sur Terre !

Ceci est mon testament

Mercredi j’ai passé une journée épouvantable. D’abord la chaleur. 31° pas un brin de vent. Chaleur tropicale. Mes cheveux ont frisé. Ensuite l’attente sous le porche. Un peu d’ombre, c’était déjà ça. Ensuite deux couples sont arrivés. Cousins de son défunt mari, jamais vus. Fallait voir le look. Une bimbo cheveux teinte en noir, la quarantaine difficile toute fois bien foutues dans une robe longue noire bariolée et très, alors très décolletés. Sur des high-heels. Totally overlooked. Bijoux de pacotilles en sus. Encore jolie mais son bronzage artificiel finira par l’avoir. Un bonjour avec une main molle. Moite. Du bout des doigts. Comme j’aime pas.

Son mari, une espèce d’asperges, moche, cheveux raz en jeans blanc transparent(je pouvais apercevoir son, slip vert) qui faisait en bas au moins cinq plis de trop sur des basquets ordinaires, t-shirt avec auréoles. Comme j’aime pas.

L’autre couple, passé la soixantaine était un peu mieux. Simples certes, mais le mari m’a donné une poigné de main bien franche, j’ai senti les cales, déduit qu’il était paysan. Sa femme, petite, rougeaude, cheveux très courts, brune, en jeans passé de mode ressemblait carrément à un mec. Pas d’hanches, pas de seins.

Bien. Ensuite sont arrivés les membres de notre famille concernés.

Chaleur, ombre, paroles un peu gênées pour meubler. Je me suis dit, si je pouvais entrer dans le halle. En attendant. Mais bien sûr il n’y avait plus le même code. Celle qu’elle avait avant. Tout à été changé. Même les serrures. De fois que…

Enfin le commissaire-priseur arrive en même temps que le notaire et le gestionnaire des biens. Avec son fils. Car l’autre est maintenant à la retraite.

Alors l’autre fut jadis un ami car marié avec ma meilleure copine, celle qui se jeté le jour de la St. Val du haut d’un pont sur des rails. L’hommage est dans mes archives.

Oui mes chers amis, ma vie est un roman. Un puzzle ou toutes les pièces se rejoignent petit à petit.

 

Le ‘priseur’ est une femme. Elle a des cheveux super courtes mèches rouges. Malgré qu’elle n’ait pas l’âge de la bimbo, elle fait plus vieille, est mal foutu et son top trop décolleté n’attire personne. Le notaire est un vrai con. Il a laissé passer du temps pour rien depuis deux mois. Porte un jeans sans ceinture, l’aire cool, et un polo croco. La cinquantaine qui se veut avenant. Mais qui ne l’est pas. Le gestionnaire des biens qui lui aussi appartient à la famille et du coup hérite, me fais une bise mouillée malgré mon recule et ensuite le code. Lui, il est en costard chic. Son fils que je connais depuis ses 10 ans m’embrasse chaleureusement. Habillé classe. Beau. Triste. Triste comme moi.

Nous enfin dans l’ascenseur, enfin dans l’appartement de 170m² pleins centre ville. Qu’il faut vendre pour payer la succession. Voir payer encore plus. L’état prend 60% de tout son bien et elle était à l’isf.

Notre cousine si affectueuse était très précise dans son testament. Mais mal conseillé...

Alors la ‘priseur’ commence par les cousins lointains. Le notaire nous donne à chacun un extrait de banque compte titres de la bourse à la date de son décès. Et ne rien d’autre.

Je jette un coup d’œil. Pour moi, cela ne veut rien dire. Ca date. C’est vieux.

J’observe les autres, passe par le couloir, vois que les ‘cousins’ n’ont eu que des miettes.

En plus ils se chamaillent. Dans la salle à manger.

Pour un service de Limoges certes. Blanc avec l’entourage doré à l’or fin. Va falloir laver à la main ça. Et puis de l’argenterie.

En fait de l’argenterie métallisée. Bouh.

Je passe mon chemin vers la cuisine.

M’assois sur la chaise où je me suis si souvent assis.

Allume une clope. Je pense à elle. Sur la table se trouve encore son ‘semainier’. La boîte à pilules qu’elle devait prendre. Matin, midi, soir. Est marqué dessus mercredi. Et la boîte est pleine. Dans sa petite cuisine il y a toute sa vie. J’ouvre son petit carnet d’adresses et numéros phone. En cuir. Je touche ce qu’elle à touchée depuis toujours. La chaleur ? L’émotion ? Je sens qu’elle est là. Moi si cartésienne. Non, y a pas de remake Ghost. Elle est la et regarde tout cela. Allez comprendre. Moi-même je ne comprends pas. Toute fois j’agite ma main.

Je feuillette. Sous la lettre D je vois mon numéro phone entouré de rouge.

A ce moment là le fils du gestionnaire des biens, le fils de ma meilleure amie rentre. S’assoit. S’allume une clope. Lui non plus. N’en peut plus. Les ‘autres’ ont hérité aussi d’un petit meuble, une petite table et les fauteuils qui vont avec. Ils font des aller/retour dans l’ascenseur et la bimbo est plein de sueur. Sa robe logue la gène…

Lui. Lui il cache ses larmes.

Allez Peter Pan ! Je dis. Juste une allusion par rapport aux histoires que je lui ai jadis narré.

Il sourit.

C’est dure Bri. Ma vie est un enfer. Il répond.

Qu’est ce qu’il te pèse le plus ? Je lui demande.

Silence.

Silence.

La fumée de nos cigarettes se mêle. Nous sommes les seuls fumeurs.

Je le regarde. Je pense à sa mère. Il est devenu beau. Le petit ado traumatisé que j'ai connu et devenu un beau jeune homme.

Pendant ce temps là dans le salon ça discute. Banalités. Pour ‘meubler’ le temps que les autres dégagent.

Bri ?

Je vais te dire la vérité.

J’ai tout essayé. De psy en psy…

Les nanas ? J’en ai autant que je veux.

Du fric ?

Aucun blême.

Mais je ne peux pas oublier.

Mon jumeau. Impossible. C’est la parti mort en moi.

Silence.

 

Les autres sont enfin partis. Et ceux de la famille font l’inspection. J’en ai franchement rien à carrer. Ils sont entrain de bouffer les chocolats de notre chère cousine.

Elle aimait beaucoup les chocolats fins. Pourquoi les laisser perdre ? Hein ? Bon. Moi je n’aime pas les chocolats et ça me regarde.

 

As-tu pensé que ton jumeau aura pour toujours 7 ans ? Je lui dis.

As-tu pensé qu’il est chagriné de te voir si triste ?

Que tu ne vis pas ta vie ?

As-tu pensé que c’était son destin de se noyer devant toi dans les douves de ce château ? Que tu étais trop petit pour le sauver ?

As-tu pensé que ce n’était pas de ta faute ?

Non. Il me répond. Tiens c’est intéressant comme pensée. Dans mes rêves je vois souvent un petit garçon.

Il te ressemble ? Je lui demande. Il est joyeux ?

Non. Plus. Non il ne me ressemble plus. Oui ! Dans mes rêves il s’amuse !

Oh Bri ! Ok, j’ai compris ! Il veut que je m’amuse aussi !!! C’est lui !

Je ne sais pas. Je réponds. Il y a des choses qui ne sont pas explicables. C’est comme ça. A ta place je fondrais une famille. Je ferai des choses concrets au lieu de ruminer. Regarde ton père. Tu veux finir comme lui ?

Tant qu’à faire, autant crever l’abcès. Il a 35 ans. Il est adulte. Et je dois bien ça à mon amie. Sa mère. Depuis sa mort je n’ai plus revu son fils. Ce lieu ? Ce soit ici ou ailleurs, qu’elle importance ?!

Euh ? Son regard m’interroge.

Vous avez jouez. Ton frère a glissé, est tombé dans l’eau. Vous ne saviez pas nager. T’as alerté tes parents qui admiraient le jardin. Ta mère se jetée dans l’eau pour sauver ton frère, son enfant ne sachant pas nager non plus. Et ton père a fait le Choix de Sophie. Il a sauvé sa femme et laisser couler ton frère. Et ça, ta mère ne lui a jamais pardonné. Il aurait pu retourner dans l’eau. Il ne l’a pas fait. Il aurait pu essayer. N’étant pas un sportif il a laissé tomber. Voilà. Voilà c’est dit.

Il me regarde. Ahuri. C’est dur d’apprendre que son père est une personne qui calcule. Le meilleur pour lui. Rien pour les autres. Un lâche.

Voilà tu connais maintenant MA version des faits. Telle que ta maman me l’a raconté. Je dis.

Mais toi, toi tu n’étais pour rien. Juste un enfant.

Sinon ton cher père se tapé toutes les nanas à sa porté. Il était aussi beau que toi. Il a trompé ta mère à tout va. Et là, dans cette succession avec son beau-parler, endormir tout le monde, il nous a déjà tous baisé. Je rajoute. Même toi. En tirant une dernière bouffée sur ma clope et l’écrasant dans ce beau cendrier Daum.

Silence.

Il pleure.

Je ferme la porte de la cuisine.

Savoir la vérité fais mal, certes. Mais les secrets de famille ? Les non-dits ?

 

Mon mari... Il veut savoir ce que je veux garder. Je lui réponds que je souhaite attendre le chiffrage de l’inventaire, que cela ne presse pas. Car sur cet inventaire il y aura encore 60% pour l’état. De fois il vaut mieux refuser un héritage.

L’ouverture du coffre fort à la banque se fera demain. Enfin jeudi. Je ne serai pas là. Mon mari rentre en clinique. Je sais déjà qu’il n’y aura rien. Tous ses bijoux. Envolés. Les napoléons or. Une petite fortune pour me mettre à l’abri. Confirmation hier soir, j’avais laissé une procuration.

Eh oui.

Je sais qui les a pris. Dans ce cas précise nous ne pouvons rien faire non plus. Pas prouvables. De ce qui en reste de ce legs me concernent, après impôts, je ferai lire des messes car ça aussi était sa dernière volonté et je ne suis pas sûre que les autres le feront. Tant que je vivrai, dans chaque église où je passerais j’allumerai une bougie pour elle.

 

Je m’endors avec la pensé qu’un jeune homme a peut être trouvé son chemin.

Enfin.

Je m’endors en pensant à mon mari. Pourvue qu’il me revient. Que tout ce passe bien.

C’est ça l’essentielle.

Et tout le reste peut attendre. Ce n’est pas important.

 

Je voulais aussi remercier cette ‘voix dans la nuit’ qui se reconnaîtra.

by herself JUIN 2009

Ecrit par brigetjones30, le Samedi 20 Juin 2009, 22:36 dans la rubrique "AU JOUR LE JOUR".
Repondre a cet article



Commentaires :

  Kabotine
Kabotine
22-06-09
à 18:38

c'est poignant...

triste....

 

Bon courage, c'est l'été ! pense en avant .

bises !
c.

Repondre a ce commentaire

  brigetjones30
brigetjones30
22-06-09
à 22:26

Re:

Merci d’avoir osée me laisser un commentaire… J’y pense…A l’été. J’ai récupéré mon Mec today. Il est bien balafré. Fatigué et au lit. J’ai eu un mail d’un homme que je trouvais très intéressante. Sur le Choix de Sophie. Ca m’a bien fait réfléchir. L’approche cotée homme. Toute fois je lui ai répondu qu’une mère est capable de tout pour sauver son enfant.

Bon, on va dire que ça va et puis après ramassé les fleurs du tilleul d’ici une semaine je m’attaque aux cerises tardives !Ensuite c’est le tour des groseilles, framboises et cassis ! Ceci soit dit j’ai réservé une semaine à la mer. Sinon je vais péter un câble.

Je t'embrasse!

D.

Repondre a ce commentaire